Paris lue depuis l’île

A l’approche de la Saint Valentin, combien d’agences de voyages ne proposent-elles pas une formule alléchante, tout compris (enfin, à vous de trouver le partenaire quand même) pour passer un week-end en amoureux, in the most romantic city in the world, Paris? Marques de chocolats, Eurostar, grands magasins, offices de tourismes, tous proposent des moments mémorables dans la capitale française et organisent même des concours permettant de gagner le voyage rêvé. Vu d’ici, et d’ailleurs, Paris promet, des promenades délicieuses, des douceurs inoubliables, voire inavouables, à tous les couples d’amoureux du monde, nourris de littérature romanesque, de films mythiques, d’images d’Epinal sur fond de Tour Eiffel scintillante ou délibérément grisée, grisante, toujours bienveillante, «Bergère, ô tour Eiffel, le troupeau des ponts bêle ce matin.».

Hier pourtant, une correspondante de la BBC semblait avoir un regard bien différent sur Paris: «The Seine, swollen against its banks, pushes and squeezes its way through the city like an irascible woman in too-tight shoes. And the January depression has even sucked some of the glitzy dazzle out of the Eiffel Tower, leaving it looking – at least from a distance – like a rather cheap, left-over Christmas decoration». Pauvre Seine, piteuse Tour Eiffel et le charme s’est envolé: «Paris just cannot be bothered any more to turn on the charm».

Une expérience, non, des expériences malheureuses dans cette ville où visiblement le client n’est plus roi. Quelle tristesse que de s’entendre dire par un chauffeur de taxi: «I ‘m not your slave»; de tomber sur un garçon de café qui s’attend à être interpellé par Monsieur, plutôt que par «hep, garçon!»; de se faire renvoyer au cageot des poireaux par un maraîcher pour se servir soi-même; de ne pas recevoir toutes les attentions de la réceptionniste du médecin; d’affronter la brusque franchise d’une vendeuse de frusques qui, dans son intérêt, aurait mieux fait de se livrer à un mensonge poli que la réserve britannique affectionne.

Ah, Paris n’est plus ce qu’elle était!  La critique va cependant surtout aux Parisiens et, au détour d’une généralisation, aux Français. Mais tout s’explique: «The revolution of 1789 has burned the notion of equality deep into the French psyche and a proud Parisian finds it abhorrently degrading to act subserviently».

Mais l’honneur est presque sauf: si, au petit matin, après des heures de regards énamourés et promenades sur toutes les rives de la Seine, vous vous avez encore besoin de réconfort, arrêtez-vous à la boulangerie du coin de la rue pour le plaisir d’un croissant savamment et joliment (même trop longuement!) emballé. Profitez-en bien lors de votre week-end à Paris, car à Londres, les seules boulangeries s’appellent Paul et il n’y en a pas à tous les coins de rue! Mais à Londres, «The customer is allegedly always right in London but, in Paris, he or she is little more than an irritant». Voyons, Madame, qui dit quoi? Et vous qu’en dites-vous?

Lire l’article complet en Anglais: In Paris, the customer is not always right

5 commentaires to “Paris lue depuis l’île”

  1. La celebre arrogance francaise, non?
    De nombreuses etudes cote tourisme on tue les memes echos et Paris descend dans la liste preferee des voyageurs. Aux Francais de faire un peu d’effort pour lutter contre la crise economique ou le client, s’il n’a pas toujours raison, peut aussi emmener son porte-feuille vers des horizons plus roses…

  2. Oh… quelle tristesse de lire ca… et pourtant, au bout de trois ans a Londres, je dois bien constater moi aussi la difference en terme de service. Exemple samedi dernier ou le chauffeur de taxi s’est mis dans une rage folle lorsqu’il s’est rendu compte que notre trajet etait une course de 6 euros ! Ici, les taxis ne crachent pas sur une course, meme courte.

  3. Service, service, quand tu nous tiens. A part les taxis parisiens qui sont globalement peu serviables, le reste est variable. Je n’ai jamais eu de « hello how are you? » de la receptionniste de mon GP (arrogantes au possible) alors qu’en France elles disent souvent des mots aimables.
    Les serveurs parisiens qui veulent se faire appeler « monsieur », hum! pas vu non plus. Est-ce du mauvais humour français.
    Quoiqu’il en soit, plus de services et d’aimabilités ne ferait pas de mal à Paris. Quelle joie et quelle surprise par le service que nous avons reçu à Calais lorsque nous étions bloqués par 5 cm de neige!

  4. A Heathrow, les chauffeurs de taxis noirs ne sont pas contents quand ils ont une course de 20mns donc sous les £50…

    Dans les magasins, combien de fois j’ai senti que je derangeais les vendeuses qui parlaient entre elles alors que je voulais simplement payer pour mes articles.

    Pourquoi les restaurants et bars emploient-ils des francais et autres nationalites pour le service?

    La notion de classe est bien plus forte en GB qu’en France. Nombreux anglais refuseront certains jobs sous le pretexte du « mais pour qui me prenez-vous ? ».

    Il est difficile de tracer des lignes generales. On peut toujours trouver des signes de manque de courtoisie ou de politesse de chaque cote de la Manche.

  5. je crains malheureusement que cet article soit assez proche de la réalité…. le service au client ne fait pas partie de la culture française, et encore moins parisienne, l’arrogance si😦

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